Dahlias démarrage : protéger les premières pousses des gastéropodes.


Jardin / lundi, mai 11th, 2020

Quand on a un jardin et qu’on en prend bien soin, on voit d’un très mauvais œil l’activité de certains résidents. Bien qu’ils soient indispensables dans l’écosystème et jouent un rôle primordial au jardin, on préfère ne pas les croiser : mollusques ou gastéropodes, ceux que je nomme personnellement les « baveux », se réjouissent du printemps et nous rappellent qu’ils sont bien là. C’est la nuit qu’ils aiment sortir, par temps de pluie et même en journée. Friands d’une température d’au moins +10°C et d’une importante humidité au niveau du sol, c’est dans ce contexte favorable qu’ils viennent à la rencontre de vos semis et de vos fleurs.

Au jardin, comme dans la vie, je recherche l’harmonie. Si tout le monde pouvait cohabiter dans le meilleur des mondes, je serais ravi. Mais si tel était le cas, cela serait d’un ennui mortel et vous aurez remarqué comment on apprend et grandit face à l’adversité. Donc plutôt que d’employer des solutions radicales, je préfère trouver des compromis et mélanger les solutions. Ce principe vaut pour tout, je l’applique aussi dans ma lutte acharnée avec les rampants, ceux qu’on ne vois jamais et qui laissent toujours du mucus brillant sur leur passage.

La boite à outils

Il y a donc plusieurs solutions qui s’offrent à vous.

Tout d’abord, après une bonne pluie et dès que la nuit tombe, vous pouvez vous armer d’une torche pour entamer un ramassage de limaces ou d’escargots. C’est ce que je fais parfois, pour le plus grand plaisir de Thelma et Louise, mes deux poules qui s’en régalent.

Il est possible aussi d’écarter les rampants via de la cendre (de cheminée) que l’on dispose au pied des cultures. Hélas c’est une opération qu’il faudra renouveler entre deux pluies. Dans le même genre vous pouvez disposer des coquilles d’œufs émiettées. J’ai personnellement de gros doutes sur l’efficacité de cette technique, je ne crois pas que cela les gênes réellement.

La bière est aussi un formidable appât pour baveux, même si je préfère la garder pour moi et la boire quand elle est bien fraiche et blonde. Le principe du piège : une coupelle semi-enterrée remplie de bière qui attirera les gastéropodes. Ils s’y précipiteront aveuglement, attirés par l’odeur pour y finir noyés. Solution à mon sens trop dangereuse, l’odeur les attire à des kilomètres. Il serait dommage de ramener dans vos cultures toutes les limaces présentes dans le jardin de votre voisin, à moins que vous vouliez lui rendre service…

Les plus « extrémistes » d’entre-vous utiliseront le Ferramol, un anti-rampant à base de phosphate ferrique, sans danger pour les hérissons, animaux domestiques et pour l’homme (et utilisable en agriculture biologique). Il se présente sous la forme de granulés à base de fer, vos ennemis iront les dévorer sans crainte avant d’aller mourir dans un coin…

A savoir, que j’ai récemment eu de très bon résultats avec du marc de café, donc si vous êtes un coffe-addict, ne jetez pas le marc de vos capsules ou de votre machine. J’ai pu constaté qu’en disposant du marre de café celui-ci produisait le même effet que le Ferramol.

Épargnez les fleurs !

Au jardin il arrive souvent que je sème plus que de raison, car je sais que les limaces passeront par mes rangs de salade. Alors bon j’accepte qu’une partie soit grignotée. En revanche, pour mes fleurs et particulièrement pour les dahlias, je ne rigole pas. Hors de question en effet, alors que j’attends le printemps depuis des mois, que ces mollusques viennent grignoter les premières pouces de dahlia.

En effet comme je l’explique dans mon article X, les baveux se délectent des premières tiges tendres que votre dahlia développe au moment de son réveil. À ce stade pour la plante, il est impossible de se défendre face à leur féroce appétit ! Vous verrez quelques photos ci-après qui montrent que les premières pousses peuvent être chétives.

À noter que si votre tubercule n’avait qu’un seul œil, et donc un seul début de tige, et que celle-ci est dévoré, c’est fini, vous pouvez à 98% dire adieu à votre dahlia. J’ai pu en faire l’amère expérience l’année passée…

Alors au grand maux les grands remèdes !

L’année dernière, j’ai expérimenté plusieurs méthodes, l’occasion pour moi de vous partager mon retour d’expérience. L’idée étant de protéger vos premières pouces et ainsi ne pas louper le démarrage de votre plante. Quand la tige sera suffisamment épaisse le dahlia pourra se remettre d’une attaque de limace sans problème. Les granulés de Ferramol dans les massifs (ou dans vos pots si vous démarrez vos dahlias ainsi) restent une solution efficace. Il faudra cependant penser à en remettre après la pluie.

J’avais conjugué cela à une autre méthode un peu exotique. Il s’agit d’utiliser une bande de cuivre disposée autour d’un tuteur. Il semble que les baveux ont une aversion pour cette matière, la bande de cuivre protègera ainsi vos dahlias. Le principe, on plante son tubercule de dahlia en pleine terre avec son tuteur, et on dispose le cercle autour. J’ai trouvé que cela était efficace mais le ruban cuivré cartonné supporte mal les pluies successives. À noter que cela peut représenter un cout, si on possède beaucoup de dahlia à protéger. Vous pourrez trouvez ce produit ici.

Under the dôme

Dans mon jardin, je n’ai qu’une dizaine de dahlias à protéger de ce fait j’applique la technique infaillible bien que moyennement esthétique du dôme. J’utilise des bouteilles de 1,5 ou 2 L dont je coupe la base afin d’en faire une protection nocturne que je pose sur chacun des dahlias. Ce n’est pas forcement joli, un peu comme ce vieux pull moche mais confortable que vous trainez l’hiver. Il faut parfois miser sur l’efficacité plus que sur l’esthétisme surtout en temps de guerre contre les gastéropodes.

Quand la tige sera trop grande pour rentrer sous le dôme il sera temps de cesser cette mise en place. Cela voudra dire que la tige du dahlia est suffisamment robuste pour résister à une attaque. Je vous recommande cependant de continuer de traiter vos massifs avec du Feramol ou du marc de café afin de limiter les risques.

J’espère que mon retour d’expérience pourra vous être utile, n’hésitez pas à me partager vos photos sur les réseaux sociaux, je suis toujours curieux de savoir comment vous vous en sortez avec les dahlias.

Portez-vous bien !

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