La folie des dahlias


Découvertes / samedi, avril 4th, 2020

Je ne pouvais pas ne pas parler ici des dahlias. Depuis un an, je me suis pris d’amour pour cette fleur incroyable. Si vous n’êtes pas encore sensible à son charme, fermez rapidement votre navigateur Internet et fuyez car il n’est pas trop tard.

Pour les autres, que vous soyez curieux ou déjà addict, vous allez vite reconnaitre les symptômes de cette fièvre que provoque partout à travers le monde les dahlias. Sur Instagram le hashtag #dahlia compte pas moins de 1,2 million de publications ! Personnellement, je dois ce virus à c’est mon ami Edoardo qui m’a initié au printemps dernier. Il m’a généreusement offert quelques tubercules, me prodiguant ses conseils avisés afin que je découvre cette magie florale dans mon jardin exposé au sud.

Origine du dahlia

C’est sur les hauts plateaux du Mexique et du Guatemala que nous vient le dahlia. À l’époque, il ne se nommait pas encore ainsi. C’est au 16ème siècle que les botanistes accompagnant les conquérants espagnols citent cette plante arborescente dans leurs écrits. Les populations aztèques le nommaient Cocoxochitl que l’on peut traduire par canne d’eau, car ils utilisaient les tiges creuses pour transporter de l’eau. Malin ! Bien qu’ils la cultivaient comme plante d’ornement, le feuillage servait aussi de nourriture aux animaux et était parfois utilisé dans l’élaboration de potions aux vertus (supposées) diurétiques ou anti-épileptiques. C’est vers le 18ème siècle que le dahlia fut progressivement introduit en Europe. Le nom du genre est donné par le directeur du jardin botanique de Madrid Antonio José Cavanilles en hommage au botaniste suédois Anders Dahl mort en 1789. Pour l’anecdote, il faut savoir qu’au cours de l’histoire, on a tenté à plusieurs reprises de faire manger aux gens des tubercules de Dahlia ! En 1715, un certain Montgolfier reçut des tubercules de dahlia en provenance de l’île Maurice afin de les utiliser comme plante potagère ! Plus tard en 1802 en plein blocus continental, rebelote, l’administration Napoléonienne essaie d’en faire manger aux français. Mais ce ne fût pas un grand succès, le tubercule préconisé comme féculent ne séduit pas. Son goût d’artichaut âcre et fibreux, ne détrôna jamais la pomme de terre.

Depuis que j’ai attrapé cette fièvre du dahlia, je ne cesse d’en parler autour de moi. C’est amusant car d’une personne à une autre, du novice à l’initié, les avis sont multiples. L’amateur va découvrir, et s’étonner de la multitude de forme de fleurs que le dahlia offre. Quand à l’initié il vous dira que c’est une plante exigeante, gourmande dont il faut bien s’occuper. Les dahlias n’ont pas toujours eu le vent en poupe et parfois qualifié de fleur de rond-point, il fait aujourd’hui son grand retour. Très estimée chez nos amis d’outre-Manche, la plante fait l’objet de sélections et de concours.

À la recherche du dahlia bleu

La chose incroyable avec les dahlias, c’est les dizaines de milliers de variétés qui sont recensées, à vous en faire perdre la tête. Avec une multitude de couleurs disponibles pour décorer votre jardin. Ne cherchez pas cependant un dahlia bleu car cela n’existe pas. Au mieux vous ne trouverez que des variations de mauve, pourpre et lilas. Anecdote amusante à ce sujet : en 1846, la société horticole Caledonia d’Edimbourg a offert un prix de 2 000 livres à la première personne réussissant à produire un dahlia bleu. Cela n’a toujours pas été fait à ce jour, bien que les dahlias produisent de l’anthocyanine, un élément nécessaire à la production du bleu. Pour faire une véritable couleur bleue dans une plante, l’anthocyanine delphinidine a besoin de six groupes hydroxyles mais les dahlias n’en ont que cinq.

Le dahlia bleu tel qu’il pourrait exister un jour ?

Cultiver les dahlias dans son jardin n’est pas très difficile, il faut juste suivre quelques règles dans les différentes étapes de culture. Celles-ci vous permettront d’accéder à la meilleure des récompenses : la récolte de belles fleurs et ce jusqu’à la fin du mois de septembre.

La plantation

En région parisienne, elle peut débuter en pleine terre fin avril mais vous avez jusqu’à fin mai dernier délai pour les planter. Le meilleur conseil que j’ai trouvé c’est de toucher le sol. En effet, si le tubercule est planté trop tôt il mettra longtemps a démarrer dans ce sol frais. Pour les plus impatients elle peut se démarrer en pot (sous serre) avant la mise en terre plus tard au jardin. Cette technique permet d’obtenir des fleurs plus tôt dans la saison. Creusez un trou pas trop profond afin que le tubercule soit recouvert de 5 cm de terre. Si vous le plantez trop profond, là encore il mettra du temps a démarrer. N’hésitez pas a disposer un peu d’engrais / de fumier décomposé dans le fond du trou. Il faudra être vigilant à nos ennemies amis gastéropodes car ils raffolent des premières tiges tendres du jeune dahlia. Autant vous dire qu’après leur passage s’il ne reste rien, c’est fini pour votre dahlia. Il serait dommage d’échouer au début du parcours ! Alors soyez vigilant. Enfin vous enfoncerez dans le sol un tuteur (attention au tubercule) lors de la plantation avec une étiquette indiquant la variété du dahlia. Un pense-bête indispensable pour ne pas oublier quel était le dahlia en place lors de l’hivernage des tubercules à la fin de la saison (je sais de quoi je parle…). Une fois le tubercule en terre arrosez abondamment, paillez le sol pour éviter une terre nue à la surface. Vous pouvez aussi tasser le sol en cuvette afin de recueillir les eaux de pluie. Enfin ne reprenez les arrosages qu’après la sortie des premières tiges.

La sélection 2020

Cette année, j’ai décidé de remettre au jardin une partie des dahlias de l’année passée :

  • Totally Tangerine : car j’adore le dégradé de couleur de ce dahlia à forme marguerite d’une simplicité folle.
  • Blue wish : car c’est une belle tentative de coloris bleu, avec ses belles fleurs blanches devenant au fil des jours d’un coloris lilas plus uniforme, créant alors un bel effet bicolore que j’adore.
  • Sylvia : pour sa couleur teinte mandarine à la fois chaude et douce. Sa forme ronde est incroyable. J’aime la perfection de ses pétales disposés avec une régularité millimétrée, captivante à regarder.

Cette année je souhaite ajouter des dahlias supplémentaires. J’ai pu profiter de la collection incroyable que propose mon ami Edoardo Grassi via son site Gaspardatable.com. D’ailleurs, je vous invite à y faire un tour si vous souhaitez vous lancer ou parfaire votre collection ! Pour ce nouvel été, j’avais envie de couleurs chaudes pour le jardin. Ces nouveaux dahlias sont quasiment tous de la même palette de couleurs, des oranges bronze, des tons pêche pourpre, du rose saumoné.

  • Labyrinth : qui produit de grandes fleurs échevelées couleur pèche au revers framboisé.
  • Babylon Bronze : produit des fleurs doubles énormes, de couleur orange à reflets bronze elle sera parfaite en soliflore.
  • Hart’s Dr.Mcmurray : géant aux longues tiges solides, bronze orangé, un des plus florifères parmi les géants, a remporté de nombreuses médailles aux États-Unis ! Make my garden great again !
  • Jowey Winnie : ce dahlia offre des fleurs rondes, de 10 cm, en forme de pompons. Structure parfaite avec des innombrables alvéoles d’un délicieux rose saumoné.
  • Henriette : dahlia cactus de couleur abricot tendre. Un style simple mais terriblement efficace.

Pour la première fois, j’ai décidé de commencer mes dahlias en pot, enfin plus précisément en caisse pour que cela soit plus simple. L’objectif c’est de gagner plusieurs semaines de floraison et faire la nique aux limaces qui voudraient se délecter des jeunes pousses. Je ne sais pas encore comment les choses vont se passer, je pense que je partagerai cela avec vous sur les réseaux sociaux ou alors mettre à jour cet article.

En espérant que cela vous a donné envie de découvrir les dahlias, cette plante incroyable. Que vous ayez un petit balcon ou un jardin, il y a forcement un dahlia pour vous.

PS : si vous avez juste un balcon, il faudra se limiter aux variétés de dahlias dit nains (un aperçu ici) et les installer dans un grand pot d’une profondeur suffisante, plus de 30 cm de hauteur afin d’offrir à la plante suffisamment de place.

À vous de jouer !

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Une réponse à « La folie des dahlias »

  1. Bonjour Mathieu,
    Chouette votre site. Je suis moi aussi tombé sous le charme des dahlias. A se sujet j’ai une question, je rencontre depuis deux à trois années un problème récurent. En faite les boutons floraux de mes dahlias ont du mal à s’ouvrirent correctement. La pellicule qui les entoures à du mal à céder, ils ne s’ouvrent qu’en partie. je suis souvent obligé de coupé cette pellicule afin que le bouton puisse s’ouvrir complètement. Qui plus est, cette année les boutons floraux sont très petits…malgré l’apport à la plantation de composte et de corne broyée. Je coupe régulièrement les fleures fanées et je les arrosent par temps sec. (très sec cet été) peut être avez vous une idée.

    Cordialement, Francis (Alasce)

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